C'étaient là les pensées peu optimistes qui
agitaient l'esprit d'Althéa, assise nonchalemment sur un
élégant fauteuil rembourré de velour.
Le dos droit, ainsi que lui avait appris sa préceptrice
autrichienne, elle observait la salle, l'oeil trop brillant pour
une jeune fille sage.
Mais sous son front gracieux s'agitaient des idées bien
tranchées sur la société qui l'entourait... A
dix-sept ans, sortie depuis peu du couvent, elle voulait se forger
sa propre opinion... Et devait avouer pour sa propre
déconvenue que les humains la décevaient bien...
Après des années à étudier la Bible,
à entendre parler de la miséricorde, et de la
charité chrétienne, Althéa devait avouer
qu'elle éprouvait énormément de mal à
mettre ces pieux preceptes en pratique.
Non pas qu'elle les désapprouvât, bien au contraire,
mais plutôt que l'image qu'elle avait de sa caste sociale
différait totalement avec celle de la société
idéale qu'on lui avait présentée à
l'intérieur des murs de son couvent.